LES RECITS DU CORANCette Sourate de 85 versets est souvent nommée Sourate Ghâfir (L'Indulgent), attribut divin par lequel débute le troisième verset. Elle fait partie des sept Sourates[1] dites les Hawâmîm, parce qu'elles commencent par les initiales H (Hâ') M (Mîm)[2]. Les interprétations de ces initiales sont nombreuses et divergentes.
Certains commentateurs du Coran (comme al-Qaradhî) avancent que ces initiales (H. M.) signifient: «Je jure par Hilmihi (Son Indulgence) et Molkihi (Son Royaume) qu'IL ne soumettra pas à la Torture quiconque se protège par Lui et dit sincèrement et du fond du coeur: ach-hadu anlâ ilâha illallâh (j'atteste qu'il n'y a de Dieu qu'Allah)». D'autres (tel 'Atâ' al-Khorâsânî) affirment qu'elles constituent l'ouvrant des Noms d'Allah: «Halîm (Clément), Hamîd (Digne de louanges), Hakîm (Sage ), Hayy (Toujours Vivant), Hannân (Très-Compatissant), Malik (Roi), Majîd (Glorieux), Mobdi' (Prévenant), Mo'îd (Celui qui ressuscitera Ses créatures)». D'autres encore, tel al-Kalabî, interprètent ces initiales comme désignant l'expression: «Allah a décrété ce qui est (qadhâ mâ howa kâ'inun)». La Sourate traite de l'orgueil des mécréants et de leur argumentation fallacieuse en vue de récuser la Vérité à laquelle ils sont appelés. Aussi reproduit-elle à plusieurs reprises leurs raisonnements capiteux (versets 35, 56, 69) et s'applique-t-elle à montrer la futilité de cet orgueil déplacé et de cette attitude polémique négative, en leur rappelant la punition sévère qu'Allah a administrée aux nations passées qui avaient démenti la Vérité, et en leur exposant le sort horrible qui les attend, à leur tour, dans l'Au-delà . Et en réfutant les faux arguments des incroyants par les preuves solides de l'Unicité d'Allah, la Sourate demande au Prophète et à ses adeptes de s'armer de patience devant leurs contradicteurs et leur promet une victoire évidente. Sur le plan stylistique les orientalistes distinguent, selon Jaques Berque, dans cette Sourate «deux séquences (versets 1-56 et 57-85), la seconde étant d'allure et d'assonance différentes de la première. Les aphorismes qui s'en détachent reprennent pourtant les idées de la première partie, non qu'on ne puisse reconnaître en celle-ci deux morceaux d'une vingtaine de versets chacun». A noter aussi la fréquence de la forme internée dans cette Sourate, et des aphorismes où «chaque argument d'évidence est suivi d'un constat désabusé» (versets 57, 58, 59, 61)[3]. Les mérites de la récitation de cette sourate:
La Tradition souligne les mérites de la récitation des Hawâmîm, en général, et la Sourate du Croyant en particulier. En effet, selon Abû Burayrah al-Aslamî, le Prophète (P) dit: «Quiconque aimerait jouir des Jardins du Paradis, qu'il récite les Hawâmîm pendant la prière de la nuit». Et d'après le témoignage d'Anas Ibn Mâlik, le Messager d'Allah (P) déclara: «Les Hawâmîm constituent la belle façade du Coran». Pour sa part, Obay Ibn Ka'ab a témoigné que le Prophète (P) dit: «Tous les Prophètes, tous les amis et tous les croyants, sans exception, prieront et imploreront le Pardon divin pour quiconque récite la Sourate Hâ'Mîm, le Croyant». Quant à l'Imâm al-Sâdiq (p), cité par
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